Adopter un suricate domestique comme animal de compagnie : est ce possible ?

Un suricate domestique est ce possible ? Le suricate – baptisé Suricata suricatta par les scientifiques – est une petite mangouste originaire des régions arides du sud du continent africain. Ces mammifères carnivores de la famille des Herpestidés vivent en colonies, jusqu’au vingt individus et davantage. Nommés aussi les sentinelles du désert, les suricates sont des animaux communément gardés en captivité par les parcs zoologiques. Lorsque de bonnes conditions sont offertes, ces animaux se reproduisent facilement. On pourrait donc se demander si un suricate est un potentiel animal de compagnie. Cet article va vous présenter en détail les besoins de ces animaux et les contraintes pour leur propriétaire. Nous vous souhaitons une bonne lecture.

Comment vivent naturellement les suricates ?

Les suricates vivent en groupe de plusieurs individus. Dans chaque groupe, un couple est dominant sur les autres. La femelle dominante sera la seule qui se reproduira. Elle inhibera la fécondité des autres femelles. Et lorsqu’une naissance se produira chez une femelle subalterne, la dominante tuera sa progéniture. Les suricates sont d’ailleurs les animaux qui tuent le plus souvent leurs congénères. Pour survivre dans le désert, il ne faut pas avoir de pitié.

Les suricates sont de petits mammifères qui pèsent entre 600 grammes et un kilogramme. Ils se nourrissent principalement d’insectes et parfois de reptiles et d’autres petits animaux. Lorsque les proies sont trop grosses, ils chassent en groupe.

Les sentinelles du désert creusent un réseau de terriers et de chambres souterraines pour en constituer leur repère. C’est là qu’ils s’abritent du froid de la nuit. Car dans certaines zones de leur aire de répartition, les nuits d’hiver peuvent être froide. Les suricates ne sortent de leurs terriers que durant la journée, lorsque les températures ne sont pas trop élevées.

suricates
Dans un groupe, on observe toujours un individu qui surveille les environs, c’est la sentinelle. Le rôle de sentinelle est joué à tour de rôle par tous les individus du groupe. Source photo Pixabay.

Les sentinelles du désert sont nommées ainsi car au sein d’un groupe on retrouve toujours un ou plusieurs individus qui surveillent les alentours dressés sur leurs pattes postérieures. Ce rôle de surveillance est partagé par tous les individus du groupe. Et les bébés suricates vont rapidement imiter leurs parents en se tenant debout et en appui sur leur queue.

Quelles sont les besoins en captivité ?

Les suricates ont donc des besoins physiologiques et comportementaux qui rendent difficiles leur vie en captivité, si l’on ne dispose par d’un grand enclos et des équipements nécessaires. Un suricate n’est pas un bon candidat pour être un animal de compagnie. Bien que ces animaux puissent être apprivoisés, ils ont besoin de vivre en groupe pour manifester des comportements propres à leur espèce.

Comment bien loger un groupe ?

Un groupe de suricates est parfois difficile à être créé. Il faut trouver un éleveur ou un parc zoologique qui accepte de vous donner ou vendre des animaux. Il faut réunir un mâle et une femelle. Les deux animaux doivent être jeunes pour qu’ils s’acceptent plus facilement. Car en cas de bagarre, l’un va tuer l’autre.

Les suricates vivent en groupe et s’ennuient lorsqu’ils sont seuls. Crédit photo : Pixabay

L’enclos doit être suffisamment grand pour garder tout un groupe. Bien que l’on débute avec un couple, après quelques années les groupes deviennent importants. Une surface de 100 mètres carrés est un strict minimum. Cet espace doit se trouver en extérieur. Il faut aussi un abri dont la température est gardée au dessus de 15°C en permanence. On y place aussi une lampe infrarouge pour que les animaux puissent se réchauffer.

Les suricates creusent beaucoup et peuvent aussi grimper. Si l’enclos n’est pas correctement étudié et construit, les animaux s’échapperont. Un suricate court très vite. En dehors de son enclos, vos chances sont réduites de pouvoir le capturer. Le clôture doit empêcher l’évasion des animaux. Deux fils reliés à un électrificateur délivrent une tension par impulsions. Ils ne vont pas blesser les animaux, mais les garder à distance de la clôture. Pour éviter les départs souterrains, il faut placer sur toute la surface de l’enclos un grillage. Au-dessus de celui-ci on apportera de la terre et des rochers, car les suricates aiment creuser et ont besoin de créer leurs terriers.

Les suricates sont des animaux très actifs. Il s’agit de prédateurs qui explorent continuellement leur environnement pour rechercher leur nourriture. Il faut donc aménager leur enclos pour leur permettre d’exprimer des comportements naturels. Il faut donc prévoir des enrichissements du milieu pour garder les animaux actifs. La vidéo suivante présente un enrichissement mis en place dans un parc zoologique.

Les suricates s’affrontent souvent. Il faut donc disposer d’enclos supplémentaires pour séparer les individus rejetés du groupe. Il faut aussi posséder un local d’infirmerie. Ceci pour placer au repos un animal blessé. Profitons de rappeler que les soins aux animaux doivent être donnés par un vétérinaire.

Comment nourrir des suricates ?

Les suricates dans la nature mange surtout des insectes et autres invertébrés. C’est-à-dire des aliments riches en protéines et pauvre en graisses. Ils ne sont pas exclusivement carnivores et mangent aussi les plantes qu’ils peuvent trouver dans leur habitat. En captivité, il faudra prévoir une alimentation qui préservera les individus des carences alimentaires et de l’obésité. Car c’est bien souvent les excès qui sont à craindre.

Au Jardin zoologique de La Londe-les-Maures, le groupe d’une vingtaine de suricates reçoit quatre rations par jour :

  • Matin : petits morceau de concombre, de carotte, d’endive, de pomme
  • Fin de matinée : croquettes pour furet ou pour chat trempées dans de l’eau pour les ramollir
  • Début d’après-midi : vers de farine vivants
  • Fin d’après-midi : oeufs durs

En recevant plusieurs rations durant la journée, on permet à tous les individus d’avoir accès à la même nourriture. Sinon, les dominants mangeraient plus de protéines que les dominés. Cette distribution permet de stimuler l’activité des animaux. Il ne serait pas possible de faire un seul apport d’aliments durant la journée. Ceci ne serait pas en accord avec l’objectif de garantir le bien-être animal.

Précisons que malgré leurs origines, les suricates en captivité doivent trouver de l’eau. On place donc un abreuvoir dans leur abri et l’on change l’eau tous les jours. Les aliments distribués sont aussi riches en eau. C’est la cas par exemple des croquettes que l’on trempe dans de l’eau pendant une vingtaine de minutes.

Quelles sont les principales maladies ?

Si les animaux reçoivent une bonne alimentation et dispose d’un enclos en extérieur et d’un abri chauffé et gardé sec, les suricates sont rarement malades. Par contre, les suricates se battent fréquemment si l’équilibre dans le groupe n’est pas maintenu.

Pour prévenir des blessures souvent mortelles, il faut surveiller les animaux fréquemment et reconnaître les signes d’agression. Les animaux exclus et poursuivis doivent être retirés du groupe. Pour ne pas que cet isolement se prolongé indéfiniment, il faudra transférer l’animal vers un parc zoologique ou un autre élevage. Sachez que vous êtes responsables de vos animaux dans toutes les situations. Vous ne pouvez compter sur un parc zoologique ou un refuge pour gérer une situation qui vous échappe.

Les suricates sont aussi sensible à l’obésité. La prise de poids présente un risque pour la santé de ces animaux. Leur longévité sera raccourcie. Il faut donc adapter la quantité des rations distribuée au nombre des individus. Certains aliments, comme les oeufs ou le poulet sont très gras et ne doivent pas constituer un apport trop important.

Enfin, comme pour tous les animaux gardés en captivité, il est nécessaire de vermifuger les suricates. Ces traitements – molécule et dosage – doivent être prescrits par un vétérinaire. Si les conditions sont humides, il faut aussi se méfier des coccidies. Deux analyses de selle chaque année, permettent aussi de vérifier l’absence de parasitisme dans un groupe.

Faut-il des autorisations pour garder un suricate ?

En France, la détention des suricates nécessite la possession d’un certificat de capacité et d’une autorisation d’ouverture d’établissement à partir du premier spécimen gardé. Dans le cas contraire, vous vous exposez à la saisie des animaux et à une amende de plusieurs milliers d’euros.

Pour obtenir ces autorisations, vous devez effectuer des stages dans des parcs zoologiques et chez des éleveurs capacitaires pour les suricates. Ensuite, vous déposerez à la préfecture un dossier de demande de certificat de capacité. Pour en savoir davantage sur le certificat de capacité contactez la DDPP de votre préfecture.