Acheter un serval domestique : est-ce possible ?

En France, comme dans beaucoup d’autres pays d’Europe et d’Amérique du Nord, on assiste un véritable engouement pour les animaux non domestiques, comme le serval. Mais ces espèces sauvages ne sont pas souvent aptes à être gardées comme animaux de compagnie. C’est le cas des espèces de félins comme le serval ou le caracal. Même si la possession d’un serval (Leptailurus serval) est à la mode, il convient de respecter la législation et de posséder des installations d’élevage suffisante. Vous l’aurez compris, nous vous déconseillons l’acquisition de ce type d’animal pour en faire l’élevage. Adopter un serval ne doit pas se faire sur un coup de tête.

Est-il légal de posséder un serval chez soi ?

En France, comme dans de nombreux pays d’Europe, une législation précise s’applique à la garde des animaux non domestiques, c’est-à-dire des espèces d’origine sauvage. Le serval comme de nombreux félins est une espèce qui est soumise à des autorisations administratives. Il faut posséder un certificat de capacité pour l’élevage d’animaux non domestique, puis une autorisation d’ouverture d’établissement, même si votre élevage n’est pas ouvert au public. Et même si vous n’avez pas le projet de faire la reproduction du serval ou du savannah, qui est un croisement entre le serval et le chat domestique.

serval en captivité
Le serval est un magnifique félin, mais qui reste un animal sauvage. Source photo : Pixabay.

L’arrêté du 8 octobre 2018 – qui précise les règles de détention des animaux d’espèces non domestiques – indique que tous les carnivores dont le poids à l’âge adulte est supérieur à 6 kilogrammes sont soumis dès le premier individu gardé à autorisation (certificat de capacité et autorisation d’ouverture d’établissement). Le serval et le caracal entrent dans cette catégorie.

Il est donc illégal de posséder un serval sans permis. Dans le cas d’un contrôle des agents de l’administration, vous risquez la saisie des animaux, ainsi qu’une condamnation. Cette espèce est également classée en annexe deux de la CITES. Il faut donc justifier de son acquisition légale par un bon de cession ou une facture. N’acceptez jamais d’animaux sans document.

Le serval est-il un bon animal de compagnie ?

Les animaux domestiques ont évolué durant des centaines ou des milliers d’années par sélection. C’est-à-dire que l’Homme en les élevant à sélectionné des caractères qui en font de potentiels animaux de compagnie. Le serval n’a pas été élevé par l’être humain, sauf jusqu’à très récemment. Les individus de cette espèces ont donc garder un comportement d’animaux sauvages. Et plus encore des comportements de prédateur.

Il existe bien entendu des exceptions. Certains servals peuvent être calmes au contact des humains. Mais dans bien des cas ces animaux peuvent se montrer défensifs. Ils n’hésitent pas à attaquer s’ils se sentent menacés. Un serval – avec ses mâchoires et ses griffes – est capable d’infliger de graves blessures. Une morsure d’un animal carnivore présente un risque important d’infection. En cas de blessure, il faut consulter un médecin en urgence.

Il y a un risque important pour le propriétaire d’un tel animal, mais aussi pour son entourage (enfants, amis, voisins,…) et pour les autres animaux gardés. Un mâle serval peut dépasser les 20 kilogrammes. Il ne se maîtrisera pas comme un chat domestique. Et la propriétaire d’un animal est toujours responsable des dégâts que celui-ci occasionne, même s’il échappe à son contrôle ou s’échappe. Garder un serval en garantissant la sécurité de tous nécessite des connaissances, mais surtout de bons équipements.

Quelles sont les installations d’élevage pour garder un serval ?

Pour répondre aux besoins physiologiques et comportementaux d’un serval et assurer la sécurité des personnes, mais aussi pour éviter les fuites de cet animal sauvage et éviter des dégâts sur la faune sauvage, il faut construire des équipements adaptés.

Un serval est un félin naturellement très actif. Dans son milieu naturel, un individu parcourt plusieurs kilomètres pour trouver de la nourriture. En captivité, il aura besoin d’un enclos de grande surface pour répondre à ses besoins. Une surface de 200 mètres carrés est un minimum. L’enclos doit comporter des aménagements pour que l’animal puisse se mettre à l’abri du soleil, mais aussi des regards. C’est un chasseur habile qui est capable de faire des sauts jusqu’à deux mètres de hauteur. La clôture doit être suffisamment haute et pourvue d’un retour vers l’intérieur, pour éviter les évasions. Il donc est plus prudent de couvrir l’enclos avec un filet.

Le serval est originaire des régions tropicales ou tempérées chaudes d’Afrique. En France, il est indispensable de prévoir un abri qui permet à un animal de se soustraire – lorsqu’il en a besoin – des intempéries : pluie, neige, vent, gel,… Cet abri devra être maintenu à une température d’au moins 10°C durant l’hiver. Il faut donc l’équiper d’un chauffage. Un abri se compose d’un loge d’au moins quatre mètres carrés et d’un sas pour que l’éleveur puisse y entrer en sécurité lorsqu’un animal s’y trouve. Cet abri doit être carrelé sur le sol et les murs, pour permettre un nettoyage plus facile. L’hygiène est un facteur très important pour maintenir un animal en bonne santé. Il faut aussi que l’abri soit bien aéré par une ventilation adaptée, car les urines des carnivores dégagent beaucoup d’ammoniaque.

Si vous souhaitez garder plusieurs servals, il faudra que vous construisiez une installation complète (enclos et abri) pour chaque individu. Car ces animaux sont de moeurs solitaire et les individus ne se supportent pas toujours en captivité. Les éleveurs doivent aussi prévoir des installations pour garder les jeunes individus sevrés.

Serval enclos
Un serval a besoin d’un enclos bien aménagé. Source photo : Pixabay.

Les serval dans de bonnes conditions de captivité sont rarement malades. Mais lorsque cela se produit et qu’il est nécessaire de leur apporter des soins réguliers, il faut posséder une cage qui fera office d’infirmerie. Cette cage doit être placée dans une pièce réservée à cet effet.

Il donc nécessaire de prévoir longtemps à l’avance l’acquisition d’un serval. Si vous n’avez pas suffisamment de terrain et les moyens financiers de construire un élevage, vous devez renoncer à acheter un serval et à l’élever chez vous. Il existe d’autres animaux plus adaptés à la captivité, comme certains espèces de reptiles : serpents non venimeux, tortues terrestres,…

De plus, il faut préciser que les félins comme le serval consomment de grandes quantités d’aliments. Il est donc important de posséder un congélateur pour stocker rats et poulets congelés. Il faut aussi avoir un budget conséquent pour entretenir ses animaux.

Avant de vous lancer dans la construction des installations, vous devez vous former en suivant des stages chez des éleveurs de serval et dans des parcs zoologiques. L‘arrêté du 12 décembre 2000 indique la durée minimale d’expérience que l’on doit avoir avant de pouvoir faire une demande de certificat de capacité.

Que faite si l’on n’a pas les moyens d’offrir de bonnes conditions à un animal ?

Garder des animaux non domestiques chez soi et leur assurer de bonnes conditions d’élevage est un challenge qui n’est pas à la portée des personnes non préparées et qui n’ont pas les capacités matérielles de le faire. Comme nous l’avons précisé sur notre article traitant de l’élevage des singes, nous avons une vraie responsabilité vis-à-vis des animaux que nous gardons. Cette responsabilité est légale, mais elle est aussi morale. Les animaux sont des êtres sensibles qui souffrent lorsqu’ils sont placés dans l’inconfort ou lorsqu’ils s’ennuient.

Si vous vivez en appartement ou dans une maison, mais sans pouvoir offrir de bonnes conditions à des animaux sauvages, il est responsable de renoncer à les acquérir. Par contre, vous pouvez effectuer des stages dans des parcs zoologiques pour apprendre à mieux connaître ces animaux. C’est souvent comme cela que l’on comprend les difficulté de garder des animaux sauvages en captivité et d’assurer leur bien-être. Mais cela permet aussi d’acquérir de l’expérience pour plus tard. C’est-à-dire lorsque vous serez prêt à élever des animaux sauvages dans de bonnes conditions.

Nous espérons que cet article aura répondu à vos interrogations. Nous vous souhaitons une bonne continuation.